Je suis de ces filles qui parlent aux fleurs, qui oublie souvent leur téléphone dans une poche de veste, mais qui se souviennent encore de l'odeur des étés d'enfance. Je ris souvent pour rien, je marche dans les chemins de bocage, et mes cheveux ont décidé depuis quelques années de vivre leur propre vie.
Je crois que je suis faite de ce que je n'ai jamais su dire tout haut. Des silences trop pleins, des souvenirs qui reviennent avec une odeur d'herbe, une lumière de fin de journée, un chemin de campagne, un bord de mer ... Des choses simples qui, sans prévenir, prennent toute la place dans le cœur.
La vie m'a appris qu'on ne se construit pas dans le bruit. On se construit dans les petits gestes, dans ce que l'on traverse sans forcément le raconter, dans les matins où l'on recommence, dans les saisons qui passent et qui nous déposent, doucement, ailleurs.
J'aime les êtres et les paysages qui ne trichent pas, les lumières imparfaites, les visages qui portent une histoire, les âmes discrètes qui n'ont pas besoin de briller pour éclairer quelque chose.
Alors, j'avance ainsi, avec mes mots, mes images, mes silences. Avec cette envie de garder un regard tendre, même quand le monde devient un peu dur.
Peut-être que je ne suis rien d'autre que cela : une femme qui essaie de mettre un peu de poésie là où la vie laisse parfois des traces.



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