Celui qui n'a pas confiance dans les livres mourra déshonoré. Le Roman de Renart
Dans le silence doré du mois de mai, au milieu des jeunes pousses et des champs, un renard s'avance sans savoir qu'il devient presque un personnage de roman.
Rien n'est parfaitement net.
Rien n'est vraiment posé.
Et c'est peut-être là que commence la beauté.
Cette photo, prise à la volée, a le charme des choses saisies trop vite, une apparition, un souffle roux, une page de nature ouverte quelques secondes avant de se refermer.
On pense aux fables, aux livres d'enfance, aux chemins creux où l’imaginaire marchait toujours un peu devant nous , marche toujours devant moi.
On pense à cette campagne qui n'a pas besoin de grands discours pour raconter quelque chose.
Le renard, un champ, une lumière de fin journée, avec cette impression douce que la nature écrit parfois les plus beaux passages à notre place.
Le Roman de Renart n'est pas un roman, mais un recueil en langue romane de textes inspirés d'Ésope. Cette œuvre fut créée durant le Moyen Age, notamment par des moines. Malhonnête ou malicieux Renart le « goupil » ne respecte rien, ni personne.
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"Seigneurs, vous avez assurément entendu conter bien des histoires : on vous a dit de Paris comment il ravit Hélène, et de Tristan comme il fit le lai du Chevrefeuil ; vous savez le dit du Lin et de la Brebis, nombre de fables et chansons de geste : mais vous ne connaissez pas la grande guerre, qui ne finira jamais, de Renart et de son compère Ysengrin. Si vous voulez, je vous dirai comment la querelle prit naissance et avant tout, comment vinrent au monde les deux barons.
Un jour, j’ouvris une armoire secrète, et j’eus le bonheur d’y trouver un livre qui traitait de la chasse. Une grande lettre vermeille arrêta mes yeux ; c’était le commencement de la vie de Renart. Si je ne l’avais pas lue, j’aurais pris pour un homme ivre celui qui me l’eût contée ; mais on doit du respect à l’écriture et, vous le savez, celui qui n’a pas confiance aux livres est en danger de mauvaise fin.
Le Livre nous dit donc que le bon Dieu, après avoir puni nos premiers parents comme ils le méritaient, et dès qu’ils furent chassés du Paradis, eut pitié de leur sort. Il mit une baguette entre les mains d’Adam et lui dit que, pour obtenir ce qui lui conviendrait le mieux, il suffisait d’en frapper la mer. Adam ne tarda pas à faire l’épreuve : il étendit la baguette sur la grande eau salée ; soudain il en vit sortir une brebis. « Voilà, » ce dit-il, « qui est bien ; la brebis restera près de nous, nous en aurons de la laine, des fromages et du lait. "
Le Roman de Renart
Préambule

Magnifique photo Véronique, tu as capturé un moment magique, plein de poésie, et le paysage est baigné d'une très jolie lumière !
RépondreSupprimerParfois les photos prises " à la volée " comme tu dis sont celles qui sont les plus émouvantes parce que justement on ne cherche pas la perfection.
Ce paysage tu fais bien de nous préciser qu'il est de mai, on aurait presque pu le croire automnal !
J'avoue très humblement que je ne connais le Roman de Renart que de nom.
Belle soirée Véronique, je t'embrasse.
Cathy