On ne consent pas à ramer lorsqu'une force intérieure nous pousse à voler. Helen Keller



Le syndrOme du pOissOn vOlant
 
 
On entend à tour de bras que la vie est difficle, et par là même nous "acceptons" l'idée d'une sorte de fatalité à vivre des vies dans lesquelles on se rétrécit... Mais sur quoi peut se fonder cette théorie, selon laquelle notre vie serait en quelque sorte la salle d'attente, ou l'antichambre, d'une pièce d'architecture plus vaste, que l'on aurait hypothétiquement la possibilité de visiter plus tard, ou qu'il ne nous serait permis d'accéder seulement après un parcours touristique ennuyeux et laborieux ?...

Ce que j'appelle le "syndrOme du pOisson vOlant", c'est la remise en question de cette "condition acceptée" d'un état qui ne nous satisfait pas, et qui tend à dépasser les limites qu'elle impose...
En effet, le poisson volant ne deviendra jamais goéland qui plane au-dessus des flots. Ce qui le conduit à éxécuter ces sauts en dehors de son espace naturel, je ne sais pas... Mais il est clair que nous avons tous par moment envie, comme lui, de respirer plus haut que l'atmosphère confiné qui nous est connu...

Ces sauts dans le vide, s'ils n'ont pas pour but d'être nécessairement durables, permettent pour le moins d'apprécier, par une hauteur de vue différente, quelles peuvent être les autres possibilités... et de rêver à d'autres devenirs...
Tous les poissons n'essaient pas de sortir de leur élément naturel. Nous n'avons certainement pas tous les mêmes besoins de s'extraire des visions réduites normatives qu'on nous inculque. Mais le faire n'est pas uniquement un désir de se différencier, ou une volonté de "sortir du lot"... Nous possédons tous, plus ou moins développé, un univers intérieur qui façonne notre façon de penser et de se comporter, qui se veut adhésion évidente à certains courants, ou au contraire expression d'une singularité qui modèle elle-même ses points d'attache aux théories déjà connues...

Tout inventeur, tout visionnaire est un poisson qui s'élève au-dessus du ban de ses semblables. Et par là, il ouvre une brèche dans la routine, en prouvant que "l'impensable" peut somme toute, être soumis à l'épreuve de la réflexion... et que "l'irréalisable" ne tient parfois qu'aux limites que l'on se fixe...
Que les autres poissons qui nagent en eau calme refusent de prendre en considération son point de vue, ne trouble pas celui qui, ayant sorti une fois la tête de l'eau, sait que les reflets d'argent du soleil sur l'eau les jours de beau temps, sont une récompense suffisante à l'énergie qu'il a mis en oeuvre pour réussir ce tour de force... Le paysage qu'il admire est pour lui seul...
Personne n'a le pouvoir de fixer des limites au rêve... Nul ne peut décider ce qu'il est légitime de rêver ou d'accepter de façon universelle... On a les rêves que l'on veut... Et sans prendre un Icare comme référence, on peut tout de même se sentir pousser des ailes vers d'autres éventualités que celles prises comme une évidence, sans se mettre forcément en danger de mort prévisible...

Quand au Scrabble on ne possède que des lettres qui ne permettent de constituer aucun mot, la règle prévoit que l'on puisse les échanger en totalité contre l'acceptation de passer notre tour. On peut de la même façon refuser les conditions de base supputées de notre contrat de vie, si on accepte ce prix du jugement désapprobateur des esprits conservateurs qui ne veulent rien risquer, et aussi le fait qu'éventuellement, nous ayons mal évalué l'état de nos ailes...

Ne pas essayer de s'envoler, quand à l'intérieur, tout nous pousse à le faire, fait de toute façon bien plus mal que de se ramasser une bonne gamelle... parce que les forces intérieures qui nous poussent à vouloir réaliser cet envol, ne tarissent jamais de ce désir, et blessent notre estime et notre confiance, si l'on ne fait pas au moins l'effort d'une tentative...
...Et je pense bien être atteinte du syndrOme du pOissOn vOlant ... oui, mais cela ne signifie pas se sentir comme un poisson hors de l'eau ...

(Novembre 2010) 


Commentaires

  1. TititeParisienne Il y a 4 ans
    Bonjour Véronique ; Le syndrome du poisson volant, ça me fait penser à un film avec Johhny Depp ! très bon film d'ailleurs dont je ne me souviens plus du titre. Aujourd'hui à Paris il fait tout
    gris, le soleil cette fois est bien partit, snif, snif !! Je te souhaite un bon mardi, gros bisous de Véronique.
    ***
    Roselyne Il y a 4 ans
    Comme tes mots me touchent encore une fois. Envie combien de fois d'échanger les les lettre de mon jeu de Scrabble parce que je n'arrive pas à placer un mot. Laisser mon tour pour pouvoir
    souffler un peu. Me laisser un peu de temps pour savoir ce que je veux. Combien de fois, n'ai-je eu envie de m'envoler tel un goéland et me suis-je retrouvé perdue sur une branche ...Oh oui,
    combien...Il me semble que tu sauras lire dans mes silences....Je t'embrasse. Prends soin de toi. je te souhaite un horizon nimbé de lumière.
    ***
    Arlette Il y a 4 ans
    Rien n'est impossible ; seules les limites de nos esprits définissent certaines choses comme inconcevables. Alors Osons ! Bises de nuit Arlette
    ***
    CLOTHILDE85 Il y a 4 ans
    Bonsoir ma douce Véro ; texte très phylosophique sur lequel nous pourrions dicerter très longuement.... sûr qu'une fois les dés lancés on pense
    que la partie est finie ! évidemment, on peut refaire une partie.... difficile d'avoir des remords mais tellement plus grave d'avoir des regrets !!!!! et quand on se sent pousser des ailes, il
    faut se laisser pousser par le vent, même si celui-ci nous emporte vers l'inconnu... On peut vivre le pire comme le meilleur mais au moins on a vécu !
    ***
    bellane Il y a 4 ans
    bonour,oui le lacher prise ****pas facile mais si vrai**bonne journée à toi,tu a encore ta fille en vacances***comment va ta maman
    ***

    :0091: :0010: :0085: Il y a 4 ans
    et Helen Keller dit également
    Gardez votre visage dans le soleil et vous ne verrez pas les ombres.
    et plus "hard"
    J'ai pleuré parce que je n'avais pas de souliers, jusqu'au jour où j'ai vu quelqu'un qui n'avait pas de pieds.
    très bonne journée.....vivement le printemps....

    RépondreSupprimer
  2. dani-elle Il y a 4 ans
    bjr véro, je découvre cette expression.
    Avant de changer de travail en juillet, j'étais ainsi...une opportunité et j'avais des difficultés à francir le pas..heureusement ma fille m'a dit, vas-y, vis le même si tu te trompes sinon
    tu le regretteras. J'ai dit oui et j'en suis ravie de mon nouveau poste!
    je crois que le plus dur est de prendre la décision.
    Plein de muxu mon amie.
    ***
    montigigi Il y a 4 ans
    bonjour Véro,une longue lèttre ou toutes les questions se posent avec de l'incertitude,seul compte le résultat final ou tu tu trouve une réponse trés encouragente,moi je serait plutot casse
    pipe,au risque de me ramasser je tante l'envol mème s'il n'est que de courte durée,point de réussite a ceux qui ne tentent rien,et puis on est jamais seul dans la vie une ame charitable peut a
    chaque insant te donner la main,un ami par exemple ,qui t'aime bien,CIAO BELLA
    ***
    Gavotte Il y a 4 ans
    Coucou!
    J'aime bien ton histoire de poisson volant! Je vois que tu es toujours en période de réflexion et que tu as certainement des décisions difficiles à prendre! Il y aura bien un jour une évidence
    qui te fera faire le bon choix.
    ***

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire